samedi 10 janvier 2026

Au dessus de tout soupçon/ The guilty mother de Diane Jeffrey

PRIX DU POLAR DES EDITIONS POINTS

RESUME: Et vous, est-ce que vous la croyez ?

Melissa Slade avait tout pour elle : la beauté, un mari aimant et de magnifiques jumelles.
Mais en un clin d'œil, sa vie à l'apparence parfaite s'est transformée en cauchemar, lorsqu'elle s'est retrouvée en procès pour le meurtre de ses petites filles.
Jonathan Hunt a couvert l'affaire de la mort des bébés Slade pour le journal local. Maintenant que de nouveaux éléments sont apparus, le patron de Jon veut qu'il reprenne l'enquête pour découvrir la vérité.
La date de l'appel de Melissa approchant, le temps presse. Et, alors que Jon est entraîné plus profondément dans une affaire qu'il voulait oublier, il commence à remettre en question la culpabilité de Melissa. Melissa manipule-t-elle Jon, ou lui dit-elle la vérité ? Est-elle une meurtrière ou la victime d'une erreur judiciaire ?
Et si Melissa Slade est innocente, qu'est-il vraiment arrivé à Ellie et Amber Slade ?

MON AVIS:  

Sujet douloureux sur l'infanticide qui me tentait pas mal quand même. Même si le sujet est difficile, j'avais envie d'en savoir plus.
On suit Melissa, inculpée du meurtre de ses deux bébés jumelles. Si je devais résumer l'histoire en un mot, ce serait "doute"! Car, pendant toute la lecture, le doute subsiste. Est-ce Melissa qui les a tués ? Ou bien ses filles sont décédées de la mort subite du nourrisson ?
Ce thriller est palpitant au possible. On assiste à l'enquête de Jonathan qui fait un article sur le procès en appel de Melissa. L'autrice a la bonne idée de découper son roman en chapitres où la parole est donnée aux personnages principaux qui jalonnent le récit.
L'intrigue qui nous fait passer par toute une palette d'émotions est redoutablement efficace. De plus, nous avons droit à une double temporalité, car les passages sur Melissa font un retour en arrière par l'intermédiaire de son journal, pour que le lecteur ait toutes les cartes en main. 
Pendant toute la lecture, l'autrice s'amuse à brouiller les pistes en nous permettant d'échafauder une petite théorie qu'elle nous fait balayer trois chapitres plus loin. 
Une histoire très rythmée dans laquelle on se pose des centaines de questions sans réussir à démêler la pelote de laine. Une intrigue où l'on se fait balader de bout en bout et qui nous fait creuser les méninges, tout en nous tenant en haleine jusqu'à la dernière page. 
Un thriller psychologique que j'ai adoré avec lequel il est très compliqué de trouver la solution. Personnellement, je dis merci à l'autrice de m'avoir fait passer un si bon moment de lecture et de m'avoir fait jouer avec mes nerfs. 

samedi 3 janvier 2026

Mission Damas de David Mc Closkey

 PRIX DU POLAR DES EDITIONS POINTS

RESUME : Sam Joseph, agent de la CIA, est envoyé à Paris afin de recruter Mariam Haddad, haute fonctionnaire travaillant au palais présidentiel syrien. Entre eux, c’est le coup de foudre. Mais cette relation interdite pourrait leur coûter très cher, surtout qu’ils doivent se rendre à Damas pour traquer le responsable de la disparition d’un espion américain.

Très vite, leur chasse à l'homme les conduit à la découverte d’une série d’assassinats et d’un sombre secret dissimulé au cœur du régime syrien. Dans le radar du chasseur d’espions d’Assad et son frère, chef de la redoutée Garde républicaine, les deux amants devront mettre en jeu aussi bien leurs propres vies que l’avenir de tout un pays.

MON AVIS: Ancien analyste de la CIA, l'auteur sait de quoi il parle en nous faisant découvrir son livre. Il nous plonge dans l'univers d'un agent, Sam Joseph, qui, après l'exécution d'un des espions, recrute Mariam, qui est haut fonctionnaire au palais présidentiel. 
Pour cette immersion en apnée dans le monde très secret de l'espionnage, l'auteur prend son temps pour nous tisser les ficelles et les grandes lignes de ce métier.
Il nous plante le décor et nous permet de nous familiariser avec un monde qui est très peu connu du public (et pour cause).
Même si l'intrigue peut paraitre fastidieuse et que certaines longueurs peuvent se faire sentir, on ne s'ennuie pas dans ce thriller que l'auteur a su rendre captivant.
Il faut savoir que l'histoire est basée sur des faits réels, à savoir la guerre en Syrie en 2011. En tournant les pages, je n'ai eu aucun mal à m'imaginer le quotidien de ses hommes et femmes qui partent pour des missions et risquent leur vie chaque jour. 
Je lis peu de romans d'espionnage, à part les excellents "Je suis pilgrim et "L'année de la sauterelle" de Terry Hayes, je ne me tourne rarement vers ce genre. 
L'auteur nous promène et dès le début, le ton est donné et c'est parti pour dévorer ce livre de 552 pages que l'on ne voit pas passer. 
David Mc Closkey a une plume saisissante et percutante qui nous invite à tourner les pages. Son récit montre le réalisme de l'espionnage ou certains faits nous font froid dans le dos. Efficace et magistral!


 

dimanche 28 décembre 2025

Deux gouttes d'eau de Jacques Expert

 RESUME:  Une jeune femme est retrouvée morte dans son appartement de Boulogne-Billancourt, tuée à coups de hache. Elle s’appelle Élodie et son ami, Antoine Deloye, est identifié sur l’enregistrement d’une caméra de vidéosurveillance de la ville, sortant de chez elle, l’arme du crime à la main. Immédiatement placé en garde à vue, Antoine s’obstine à nier malgré les évidences. Il accuse son frère jumeau, Franck, d’avoir profité de leur ressemblance pour mettre au point une machination destinée à le perdre. Quand Franck Deloye arrive au commissariat central pour être entendu, le trouble est immense : il est impossible de différencier les deux hommes, qui se ressemblent, littéralement, comme deux gouttes d’eau… Le divisionnaire de la PJ en charge de l’enquête, Robert Laforge, un homme réputé pour sa compétence mais aussi son intransigeance et ses éclats incontrôlés, va devoir tirer au clair avec son équipe ce véritable casse-tête. Lequel des deux jumeaux ment, lequel est le bourreau, lequel la victime ?

MON AVIS:  

Ce roman trainait dans ma PAL depuis plus de deux ans et je n'arrivais pas à le sortir. Pourtant mon mari, qui l'avait lu, avait adoré. Mais ayant eu une déconvenue avec Le jour de ma mort du même auteur, je ne me décidais pas à l'attaquer. Profitant du challenge du Black November, il est enfin sorti des méandres de ma PAL et mon dieu que j'ai bien fait. 

Ce livre tient en haleine du début à la fin de l'histoire. L'auteur s'amuse à nous retourner le cerveau de fond en comble, il joue avec nos nerfs et il est impossible de lâcher ce bouquin qui est tortueux au possible. 

Après, si on est fan du genre et que l'on lit beaucoup de thrillers psychologiques, nous ne sommes pas vraiment surpris par la fin à laquelle on s'attend plus ou moins. Mais cela ne nous empêche pas de chercher quand même.

Car l'auteur a l'art de nous imposer le doute : "et si". À partir de là, tout est possible et on imagine les meilleurs scénarios. 

Dans son histoire, l'auteur crée une double temporalité: d'un côté l'enquête en cours et de l'autre la naissance et l'enfance des jumeaux, ce qui nous explique pourquoi ils sont devenus les jumeaux miroir.
Après, je me demande si on a des jumeaux: En tant que parents, se peut-il que l'on ait du mal à les reconnaitre ? Ou les parents savent toujours qui est qui ?

Bon, si on suit l'intrigue, le fin mot de l'histoire est assez facile à deviner, mais cela ne gâche pas le plaisir de la lecture et l'auteur a su nous concocter un thriller addictif, prenant et nous à faire semer le doute. Je suis ravie de l'avoir sorti et le recommande chaudement. 


Le quatuor de Los Angeles, tome 1: Le Dahlia noir de James Ellroy

 RESUME: Le 15 janvier 1947, la police de Los Angeles trouve sur un terrain vague le cadavre nu d'une femme de 22 ans, Betty Short. Le corps est sectionné en deux au niveau de la taille, vidé de ses organes et de son sang, il présente de nombreuses lacérations et brûlures, notamment aux seins, et la bouche a été ouverte d'une oreille à l'autre. La police met toutes ses forces sur ce meurtre qui, à cause de la tendance de la victime à se vêtir de noir, devient "l'affaire Dahlia noir". Elle va faire la une du Herald Express pendant douze semaines.

MON AVIS: 

Cela faisait très longtemps que ce livre me tentait. Mais j'avais du mal à sauter le pas. Il y a plusieurs années, mon mari m'a offert la BD tirée du roman et en relisant mon avis, la BD est a priori assez fidèle au roman.
Au tout début, je reconnais que je n'accrochais pas plus que ça. Car il faut bien le dire, le début est, à mon sens, loin d'être très prenant. L'auteur nous plante son décor, présente ses personnages, pose son histoire. Il faut passer environ une centaine de pages, avant que cela ne décolle réellement. 

L'intrigue a pour toile de fond un meurtre sordide qui a eu lieu à Los Angeles en 1947. Celui d'Elisabeth Short, surnommée le Dahlia noir. Si l'histoire du meurtre est exacte, je pense que le reste a été brodé par l'auteur. Ne serait-ce que la résolution de l'énigme.
Ce livre transpire la noirceur à toutes les pages. L'auteur ne nous épargne ni les pensées raciales, ni la misogynie de certains personnages. Il faut se rappeler que l'histoire se passe en 1947.

Mais ce roman est plaisant à lire, car l'auteur retrace la vie d'hommes et de femmes à cette époque et pointe du doigt une lente descente aux enfers pour le narrateur et les personnes qui l'entourent. L'intrigue est parfois crue, sordide, et extrêmement sombre. 

Le résultat qui découle de ce livre en fait un polar très noir qui n'a pas de rebondissement à toutes les pages mais nous plonge dans l'univers . L'auteur nous dévoile l'Amérique après guerre. C'est brutal, prenant et assez dérangeant, mais qui reste une œuvre à lire. 


Lu dans le cadre du challenge du Black November

jeudi 25 décembre 2025

Père Noël secret

 j'ai participé à père noël secret sur le site Livraddict et voici ce que mon père Noël m'a envoyé 

Voici au moment de l'ouverture du carton 

et après déballage 
elle a même penser à ma fille. Un grand merci à elle 

lundi 22 décembre 2025

Royal Bourbon de Mathieu Pigné

 PRIX DU POLAR DES EDITIONS POINTS

RESUME:  Espagne 2006, trente et un lycéens frôlent la mort dans un grave accident de bus lors d'un voyage scolaire. Aucun blessé. Un seul absent ce jour-là : Jef Moran. France 2016, lors d'une soirée commémorative de " la miraculeuse tragédie ", Jeff, devenu journaliste dilettante traînant son cynisme et son vague à l'âme, se voit mandaté par le richissime père de son ex meilleur ami pour retrouver ce fils prodigue qui s'est volatilisé. Aubaine ou malédiction ? Contraint d'infiltrer groupes nationalistes et milieux interlopes pour les besoins de son enquête, Jeff comprend rapidement qu'il ne ressortira pas indemne de cette quête sur les traces de son pote et de leur jeunesse, tous deux disparus.

MON AVIS: 

Lorsque j'ai eu ce livre entre les mains, je dois reconnaître qu'il ne me tentait pas plus que ça. Ayant eu une déconvenue avec le livre précédent, je freinais un peu des quatre fers pour l'entamer. Eh bien cela aurait été bien dommage, car s'il est peut-être un peu moins mis en valeur par rapport à d'autres livres, il a pour ma part tiré son épingle du jeu.
Dans ce bouquin, on entre tout de suite dans le vif du sujet et dès les premières pages, on est happé dans l'intrigue. Même si l'auteur prend le temps de nous planter le décor, afin de voir où on met les pieds, cela démarre assez rapidement.
On suit tout d'abord un accident de bus en Espagne où des lycéens frôlent la mort. Point de départ de l'histoire. S'ensuit un bond en avant de dix ans, où l'on retrouve Jeff qui a échappé à l'accident, car il n'était pas présent ce jour-là. Mais on lui en parle constamment. Il retrouve le père de son meilleur ami de l'époque qui lui demande de partir à la recherche de son fils qui n'a plus donné signe de vie depuis trop longtemps . 
S'ensuit une dégringolade dans la fange, si j'ose dire, où Jeff va se retrouver dans un monde d'une noirceur sans nom et où les codes de la déontologie n'existent pas. 
J'ai beaucoup aimé le personnage de Jeff qui ne fait pas dans la dentelle. Il est cynique, attachant, perspicace, intelligent avec un humour assez noir. J'ai adoré ses petites pensées écrites en italique qui m'ont bien fait rire. Ce livre brille par son ingéniosité, car si c'est un polar, nous n'avons pas de cadavre, pas de tueurs tordus, pas de scène de crime où l'hémoglobine coule à flot. Mais c'est noir, c'est percutant, on ne lève pas les yeux au ciel en se disant que c'est trop tiré par les cheveux. J'ai passé un excellent moment. 

mardi 16 décembre 2025

Les jeunes fauves de Davide Longo

    PRIX DU POLAR POUR LES EDITIONS POINTS

RESUME : Turin, fin de l’été 2008. Sur un chantier ferroviaire, les ossements de femmes et d’hommes sont découverts. Douze au total, tous tués de la même façon, d’un coup sur la nuque. Une fosse commune, donc. Du moins, c’est l’idée que s’en fait le commissaire Vincenzo Arcadipane, avant que l’équipe spéciale responsable des crimes liés à la Seconde Guerre mondiale s’empare de l’affaire et le court-circuite. Arcadipane pourrait accepter cette décision venue d’en haut et se concentrer sur la crise existentielle qu’il traverse. Mais tout, dans cette histoire, lui paraît louche, à commencer par ce bouton de jean trouvé sur place, qui ne peut dater de l’époque de la guerre. Aidé d’Isa Mancini, sa jeune collègue mise à pied pour insubordination, et de son ami et mentor Corso Bramard, le commissaire décide de mener une enquête parallèle en creusant et remuant le passé, jusqu’à découvrir l’impensable.

MON AVIS: 
Ce livre me laisse dubitative ! 2ᵉ enquête avec les protagonistes, qui ne m'a pas gêné plus que cela, car ce ne sera pas la première fois que je lis un tome 2 d'une série. (je pense à la série d'Antoine Marcas de Giacometti et Ravenne ou de Harry Bosch de Michael Connelly)
Partant confiante sur l'intrigue, pensez-vous, des ossements retrouvés, dignes d'un épisode de Bones, mon intérêt est vite retombé comme un soufflet qui dégringole.
Le début est assez prometteur et j'étais ravie d'entrer dans le fond de l'histoire, mais rapidement les choses se sont gâtées. Je ne sais pas si c'est moi qui suis passée à côté ou si l'auteur s'est emmêlé les crayons, mais je dois reconnaître que par moment, je perdais le fil.
J'ai souvent dû revenir quelques pages plus loin, car par moment, je ne comprenais plus rien. 
Par exemple, nous avons droit à des retours en arrière qui ne sont pas expliqués (comme mettre une date en début de chapitre), ce qui a pour effet de nous perdre complètement dans la trame jusqu'à ce qu'un détail nous fasse tilter. 
Personnellement, je n'ai rien contre des passages se
passant quelques années avant l'affaire qui nous occupe, du moment que c'est inscrit.
De même que le personnage d'Arcadipane ne m'a pas convaincu non plus. Je ne l'ai pas trouvé hyper intéressant. 
L'intrigue aurait pu me plaire et il est vrai qu'à certains moments, j'étais bien dedans, mais à d'autres, je m'ennuyais profondément. Et hélas, je n'ai pas adhéré plus à la conclusion. Dommage, j'espère que d'autres lecteurs aimeront plus que moi, car j'avoue que je n'ai pas compris grand-chose à ce livre. 

Hors cadre de Stefan Ahnhem


 RESUME: Vingt anciens élèves de la même classe.

Deux assassinats violents.
Un tueur sans visage…

Près des corps sauvagement mutilés de deux victimes, une photo de leur classe de 3e sur laquelle leur visage a été raturé. Cette classe a aussi été celle de l’inspecteur Fabian Risk de la police de Helsingborg. Pour arrêter la spirale infernale et éviter d’être la prochaine cible, il s’enfonce dans les méandres de son propre passé. Au risque de s’y perdre.
Best-seller partout où il est publié, ce roman troublant et cruel qui interroge la violence de la société, impose Stefan Ahnhem comme un des auteurs de thrillers scandinaves les plus prometteurs.

MON AVIS: Pour cette lecture, j'ai fait coup double : 1ᵉʳ livre de l'auteur et 1ᵉʳ polar suédois. Ce livre me faisait de l'œil depuis un moment et j'ai profité du challenge du Black November pour le sortir de ma PAL et je ne suis pas déçue. 
Dès le début, on est happé par la plume de l'auteur qui signe un thriller très noir. On suit un flic, Fabian Risk, qui est muté dans sa ville natale suite à une enquête difficile. Ici, pas de flic torturé au bord du gouffre, mais un flic qui a une famille. À son arrivée, le voici propulsé au cœur d'une enquête qui le touche de près, puisque ses anciens camarades de classe de 3ᵉ sont assassinés de manière assez sordide.
Depuis le temps que je lis des thrillers, je dois reconnaitre que j'ai rarement vu un tueur de cette trempe. Sa façon de faire et sa logique sont très peu développées dans les intrigues du genre. Pendant toute ma lecture, j'ai échafaudé des plans, tenté de reconstituer le puzzle et rien, nada! Quand j'émettais une hypothèse, elle était balayée 30 pages plus loin et autant dire que j'adore ça quand l'auteur me mène par le bout du nez. 
Ce fut donc un excellent moment de lecture, car l'auteur a savamment tout orchestré, tout contrôlé de la première à la dernière page.
Il faut bien le dire, au début, l'histoire prend son temps, on n'est pas dans la série Urgence où chaque seconde compte (quoi que). L'intrigue rentre quand même dans le vif du sujet et on est submergé par les questions, les hypothèses, on espère avoir raison et on se prend les réponses en pleine poire, au point de nous laisser la bouche ouverte.
Premier livre réussi pour l'auteur, qui m'a beaucoup plu et dont je lirai d'autres écrits avec grand plaisir.